Les drones sauveront-ils le monde ?

Un énorme atout pour la surveillance des réserves naturelles

Si il existe de nombreuses réserves naturelles dans le monde, elles restent particulièrement compliquées à surveiller : parfois très vastes, difficile d’accès et dotées de trop peu de gardiens. Par conséquent elles deviennent des cibles pour les braconniers à la recherche de bois rares, ou d’espèces animales protégées.

Le drone maritime utilisé au large des iles Coco / Turtle Island Restoration Network

Le drone maritime utilisé au large des iles Coco / Turtle Island Restoration Network

Dès lors il paraît tout indiqué d’utiliser des UAS pour des missions de surveillance aérienne à moindre coûts. C’est ce que fait désormais l’Amazon Conservation Association au Pérou pour détecter la présence de mines ou d’abattages d’arbres illégaux.

Un groupement d’association a décidé d’employer les mêmes méthodes pour décourager la pêche illégale dans le parc naturel des îles Coco au Costa Rica. Ici les drones changent la donne car la réglementation locale impose de prendre les bateaux en flagrant délit de pêche illégale pour les sanctionner. Dès lors il était aisé pour les équipages de larguer leurs lignes ou leurs filets à l’approche des patrouilles.

A l’inverse les drones peuvent récolter des preuves de l’infraction et permettre l’arrestation du navire incriminé à son retour au port.

L’ONG Air Shepherd poursuit un but similaire pour fournir un support aérien aux rangers des parcs naturels d’Afrique du Sud dans leur lutte contre le braconnage.

 Le drone au secours de la biodiversité ?

Certains ambitionne de faire de l’UAS plus qu’un simple assistant garde-champêtre mais bien un outils actif pour la protection de la nature.

La déforestation

Lauren Fletcher et son drone planteur / BioCarbon Engineering

Lauren Fletcher et son drone planteur / BioCarbon Engineering

Lauren Fletcher, ancien ingénieur de la NASA, souhaite au travers de sa société BioCarbon Engineering faire avancer à pas de géant les techniques de reboisement.

La où un planteur classique peut espérer planter 1500 pousses d’arbres par jour, Fletcher a exposé son projet de mettre au point un réseau de quadrocoptères autonomes capables de porter ce chiffre à 36,000 graines par jour pour un coût moindre.

Son plan consiste à réaliser dans un premier temps une cartographie aérienne de la zone à reboiser afin de déterminer les emplacements les plus adaptés et le parcours le plus efficace pour le robot planteur. Ce dernier vole à environ 2 mètres du sol et est équipé d’un canon à air comprimé capable de lancer une capsule biodégradable contenant une graine.

On nous annonce une graine semée toutes les 10 secondes pour un réservoir de 300 capsules. On aurait donc une capacité d’ensemencement de 300 arbres toutes les 50 minutes avant de devoir retourner se réapprovisionner.

Un drone actuellement dépasse difficilement les 2 heures d’autonomie et il est probable qu’il soit impossible de planter de nuit par manque de lumière. Dès lors une flotte de 20 à 30 drones (pour prendre en compte le temps de rechargement) aux capacités décrites par Fletcher semble capables de remplir son cahier des charges.

Les parasites coralliens

L’étoile de mer à couronne d’épine est une espèce parasite qui se nourrit de corail et aujourd’hui prolifère au large de l’Australie. Cette plante a de plus l’ennuyeuse caractéristique d’être très résistante, si bien que le moyen le plus efficace de s’en débarrasser est de procéder à plusieurs injections successives de poison, et ce sur chaque spécimen !

Image 3D du COTSBots / Queensland University of Technology

Image 3D du COTSBots / Queensland University of Technology

Une équipe de l’université technologique de Queensland a heureusement mis au point un drone sous-marin nommé COTSBots qui se présente sous la forme d’une torpille jaune de 30 kilos. Avec son autonomie de 6 heures et une informatique embarquée capable de détecter visuellement la présence de ces étoiles de mer, le drone peut en autonomie débarrasser un récif de la majorité de ses parasites.

Et si les UAS étaient l’ambulance du futur ?

Drone Flirtey équipé d'une cantine médicale / David Crigger - BHC - AP

Drone Flirtey équipé d’une cantine médicale / David Crigger – BHC – AP

Amazon a fait énormément de bruit en annonçant travailler sur un système de livraison par drone mais la première livraison jamais effectuée par un drone au Etats-Unis est à mettre sur le compte de la société australienne Flirtey qui a livré le 17 Juillet 2015… des médicaments.

Grâce à une autorisation spéciales du gendarme de l’air US (puisque le drone devait sortir du champs de vision du pilote) le drone a parcouru 60 kilomètres en plusieurs aller-retour au dessus de la Virginie.

Cette application permettrait un formidable désenclavement pour des régions reculées et notamment éloignées des centres médicaux.
Par ailleurs d’autres médecins ont démontré par l’expérience que l’accélération au décollage ne compromettait pas la nature de tissus ou de fluides vitaux comme des échantillons de sang.

Enfin en fin d’années dernière, le projet d’un étudiant hollandais avait fait aussi beaucoup parlé de lui. En équipant un drone rapide d’un défibrillateur, on pouvait acheminer en quelques minutes l’appareillage nécessaire à une réanimation en cas d’infarctus. Bien évidemment pas en tout point du globe, mais un réseau de ces drones au sein des grandes villes paraît envisageable.

Un drone ambulancier / EPA

Un drone ambulancier / EPA

En cas d’infarctus, le cerveau cesse d’être irrigué en sang aussi au plus vite le cœur redémarre et plus on a de chance d’éviter les séquelles.

Ce drone en plus de faire parvenir le matériel de réanimation au plus près du patient est également équipé d’un système de communication avec un médecin qui peut aider une personne non entrainée à entamer les soins. A l’avenir on peut même imaginer que ces drones seraient équipés d’une intelligence artificielle médicale qu’on a évoqué dans l’article sur le Digital Doctor.

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